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Le Fonds Rousseau

Carte à jouer annotée par Rousseau. Après sa mort, vingt-sept cartes ont été trouvées dans ses papiers. Au cours de ses promenades, il y notait des idées destinées aux Rêveries du promeneur solitaire

En juillet 1762, Jean-Jacques Rousseau se réfugie à Môtiers. Son livre l'Emile a été brûlé et son auteur est interdit de séjour sur territoire français, genevois ou bernois sous peine d’être arrêté. Il demande l’asile au roi de Prusse Frédéric le Grand qui l’autorise à s’établir dans sa principauté de Neuchâtel. Rousseau réside plus de trois ans dans le Val-de-Travers, se faisant de nombreux amis, dont l’un des plus fidèles est Pierre-Alexandre DuPeyrou. Avec lui il envisage de faire une édition soignée de ses œuvres complètes, projet qui échoue suite aux démêlés de Rousseau avec la Vénérable Classe des pasteurs. DuPeyrou, en janvier 1765, lui propose un arrangement qui est à l’origine de notre fonds Rousseau :

1° A votre loisir et dans vos moments perdus... vous mettrez vos manuscrits en ordre...
2° Moi de mon côté je vous constituerai une rente...
3° Pour quel effet vos manuscrits me seront remis à votre mort, si l’édition que je me chargerai de faire conforme à vos désirs et à vos intentions ne se trouvait point faite de votre vivant...

Rousseau accepte cet arrangement et considère dès lors DuPeyrou comme son archiviste. En 1765, lorsqu’il doit quitter l’île de Saint-Pierre, chassé par les Bernois, il laisse à son ami la totalité de ses papiers.

A la mort de Rousseau, en 1778, DuPeyrou, fidèle à sa promesse, recueille d’autres manuscrits, entre autres celui des Rêveries qui se trouvait chez le marquis de Girardin à Ermenonville; il publie alors une édition des œuvres complètes. En 1791, n’ayant pas d’enfant, il fait un testament demandant que tous les papiers de Rousseau qu’il possède soient déposés «dans une bibliothèque bien assurée ». Or, en 1788, on venait de décider la création d’une bibliothèque à Neuchâtel. Celle-ci ouvre ses portes en septembre 1794, deux mois avant le décès de DuPeyrou. Ainsi le fonds Rousseau rejoint les collections de la bibliothèque naissante en février 1795.

Au milieu du XIXe siècle, Félix Bovet publie le Discours sur les richesses. Puis grâce à quelques érudits et à de généreux dons, le fonds s’anime et s’enrichit. En 1956, Claire Rosselet fonde l’Association des amis de la collection des manuscrits de Jean-Jacques Rousseau, aujourd’hui Association Jean-Jacques Rousseau qui contribue par ses achats à compléter et augmenter le fonds originel.

Le fonds Rousseau est constitué pour l’essentiel d’une riche correspondance (plus de 1000 lettres de Rousseau, environ 2500 lettres reçues) et de nombreux volumes de notes, brouillons, copies, auxquels s’ajoutent le premier manuscrit des Confessions, le manuscrit du Dictionnaire de musique, celui de l’Essai sur l’origine des langues et l’unique manuscrit des Rêveries du promeneur solitaire.

En 2011, Jean-Jacques Rousseau entre à l’UNESCO grâce à la Bibliothèque de Genève et à la Bibliothèque publique universitaire de Neuchâtel. La première candidature suisse soumise au prestigieux Registre international Mémoire du monde de l’UNESCO a en effet été acceptée jeudi 26 mai à Manchester lors de la réunion du Comité consultatif international Mémoire du Monde

La consultation des manuscrits est exceptionnelle ; en principe le travail se fait d’après les microfilms.





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